Droits / libertés_L'Etat de Nature


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La liberté est-elle première au droit, est-ce l’inverse ou bien les deux?
As-t-on des “droits naturels” ou bien des “libertés naturelles” qui seraient propres à notre conditions d’êtres humains avant même d’être au contact d’autres être humains?

En lisant des textes sur Wikipédia, j’ai pu apprendre par exemple ce qu’avait écrit Hobbes :

(Par John Michael Wright — National Portrait Gallery: NPG 225)

"Pour Hobbes, donc, l’état de nature est un « état de guerre de chacun contre chacun » (in Léviathan). Tout homme cherche à se conserver ; or, à l’état de nature, l’homme est libre d’utiliser comme bon lui semble tous les moyens à sa disposition pour assurer cette conservation. Cette liberté illimitée conduit à la guerre universelle : « l’homme est un loup pour l’homme » (De Cive). L’état de nature est donc contradictoire : la lutte de chacun pour sa survie met incessamment en danger la vie de tous."

Mais par contre, Jean-Jacques Rousseau lui pense visiblement que :

(Par Quentin de La Tour — Inconnu, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24158)

“Pour Rousseau, l’homme naturel est animé de deux passions : l’amour de soi et la pitié. L’amour de soi, c’est l’instinct de conservation, ce qui fait que l’homme cherche à se préserver et à se conserver (à ne pas confondre avec l’amour propre qui, lui, se développe avec la société). La pitié incite, quant à elle, l’homme à avoir une « répugnance naturelle à voir périr ou souffrir tout être sensible et principalement nos semblables ». De là l’idée maîtresse de Rousseau : l’homme est bon, c’est la société qui le corrompt. Mais attention : si l’homme naturel est bon, il n’est pas pour autant moral. Pour accéder à la moralité, l’homme doit développer une conscience du bien et du mal et entretenir des relations constantes et durables avec ses semblables, ce qu’il ne peut faire qu’en accédant à l’état social. La morale étant une création sociale, l’homme à l’état de nature ne peut qu’ignorer de quoi il s’agit.”

Bon, bien entendu, il n’y a ici aucune prétention de résumer la pensée de ces 2 hommes en quelques lignes, même si France Bleu et autres officine de désinformation voudraient qu’il soit possible de procéder ainsi.

En gros, de ce que j’en comprends, il est question d’essayer de déterminer quel serait l’état de l’être humain en dehors de son aspect social, induit par sa vie en société, de laquelle découle des notions comme “moralité”, “amour propre” et peut être aussi “vergogne” et autres infinités.

Etat de nature (Wikipédia)

“L’état de nature est l’absence de règles : les hommes possèdent des droits naturels (droit de se nourrir, de se défendre contre autrui, etc.) et une liberté naturelle (caractérisée par une absence de contraintes externes). Le Contrat social (Contractualisme) instauré dans une société (ou proto-société, puisque c’est le Contrat social qui donne naissance à la société) vient restreindre les droits et les libertés naturelles en imposant des règles nécessaires à l’égalité, au droit dans une société. Le Contrat social garantit aux hommes une liberté politique à la place d’une liberté qui n’en serait pas réellement une, la liberté naturelle (voir Lettres écrites de la montagne, texte sur Indépendance et Liberté de Rousseau). Alors que dans l’état de nature, l’homme obéit à la loi du plus fort, il obéira plutôt aux lois (instituées par la justice) dans l’état de droit. Les droits naturels deviennent donc des droits civils, et la liberté naturelle devient la liberté politique. Ainsi, l’homme devient réellement libre puisqu’il n’a plus à se soumettre à la force mais doit obéir à la loi. Sa liberté naturelle est alors restreinte par la loi, permettant ainsi que celle-ci n’entrave plus la liberté d’autrui. La liberté politique est alors une vraie liberté puisque contrairement à la liberté naturelle elle n’est pas destructrice pour elle-même et permet à tous les citoyens d’être libres, en accord avec la volonté générale.”

L’état de nature n’étant présent nulle part sur Terre car n’étant qu’une “hypothèse méthodologique”, il serait peut-être un peu maladroit d’affirmer que “l’homme est un loup pour l’homme” ou bien que “l’homme est bon mais c’est la société qui le corrompt” de manière péremptoire.
Donc peut-être aussi que nous sommes abandonnés à une sorte de croyance, car nous ne pourrons jamais “prouver” quoi que ce soit.

Donc pour vous, l’homme est bon? L’homme n’est pas bon? L’homme est Ğbon?

  • Bon
  • Pas Bon
  • Ğbon

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Bon, quand je vois la ganache de Johnny Bagarre, c’est sûr ça fait un peu réfléchir.

Et du coup, ne pouvant résoudre cette question, si on arrêtait au final de ne pas être d’accord politiquement juste parce qu’on a pas éludé ce mystère? Si on mettait cette question de côté en arrêtant de traiter les autres de “fainéants” “de cyniques” et " d’extremistes", en pensant que ce sont les autres le problème?

Et peut être un jour, se rendre compte que l’on peut dors et déjà commencer à rédiger, publier et améliorer des règles coercitives basées sur des libertés et des droits non?



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